Le guide du fact-checking à l’usage des rédacteurs web

À l’ère numérique, où l’information circule à une vitesse vertigineuse, le rôle du rédacteur web ne se limite plus à rédiger des textes attrayants ou bien référencés. La vérification des faits, ou fact-checking, est devenue une pratique incontournable pour offrir des informations fiables et rester crédible dans la profession.

Ce guide du fact-checking est conçu pour les rédacteurs web, mais sera également utile à tous ceux qui veulent créer un contenu web de qualité.

Dans un environnement où la désinformation et les fake news se répandent comme une traînée de poudre, il est crucial de garantir l’exactitude des informations que l’on partage. Pour un rédacteur web, comme pour toute personne qui rédige du contenu sur un site internet, publier des informations erronées peut avoir de graves conséquences sur la crédibilité d’un site, d’une entreprise ou d’une marque. En outre, le référencement naturel (SEO) valorise de plus en plus les contenus bien sourcés et vérifiés. En d’autres termes, le fact-checking, protège votre réputation et améliore le positionnement de vos articles dans les résultats des moteurs de recherche.

Le rédacteur web ne produit pas seulement du contenu, il doit aussi controler que chaque donnée, chaque chiffre, chaque citation est exacte. Le fait de se reposer uniquement sur la crédibilité supposée d’une source ne suffit plus. Désormais, le processus de vérification des faits doit être systématique et intégré à la création de contenu.

Si vous souhaitez tout savoir sur le fact-checking, lisez l’article que j’ai consacré à cette pratique journalistique.

Votre travail commence par le choix de sources fiables.

Tout d’abord, privilégiez les sources connues et reconnues comme :

  • Les sites gouvernementaux identifiables par leur «.gouv.fr » en fin d’url comme les impôts pour la fiscalité, légifrance pour le droit, le site du Ministère de la santé pour la santé
  • Les sites des administrations et services publics référencés dans l’annuaire des administrations
  • Les sites références qui jouissent d’une certaine notoriété dans leur domaine : Ordre national des médecins ou OMS pour la santé, l’AFP pour les actualités…
  • Les sites institutionnels, c’est-à-dire les sites officiels des marques dont vous parlez sur votre site
  • Les quotidiens nationaux ou régionaux
  • Les ouvrages, conférences, interviews de professionnels et d’experts de leur secteur

Ensuite, si vous ne connaissez la source de l’information, menez votre enquête pour savoir qui est l’auteur de l’article ou le propriétaire du site. Pour cela consultez la page « A propos » ou « Qui sommes-nous » du site en question. Une fois que vous avez son identité, demandez-vous s’il a la légitimité suffisante pour parler du sujet qui vous intéresse et son degré d’impartialité par rapport à ce sujet.

Gardez cependant en tête que même les sources jouissant d’une certaine notoriété et légitimité ne sont pas toujours neutres, c’est la raison pour laquelle vous ne devez jamais stopper votre travail de fact-checking à cette première étape.

Que celui qui ne s’est jamais fait avoir par un titre accrocheur me jette la première pierre. Les titres d’articles sont parfois trompeurs et pour capter l’attention du lecteur, certains sites usent et abusent de ce qu’on appelle vulgairement les putaclics. Ces titres piégeurs voire mensongers ont pour seul but de générer un maximum de trafic et ainsi augmenter leurs revenus publicitaires.

Ces titres racoleurs font le buzz, leur audience partagent très rapidement ces titres sur les réseaux sociaux sans avoir lu le contenu de l’article.

Restez vigilant et lisez les articles en entier quelle que soit la source. Assurez-vous de ne pas passer à côté d’une donnée qui contredirait le titre.

Quelles informations devez-vous vérifier avant de les publier?

  • Chiffres et statistiques : Les données numériques doivent toujours être sourcées et vérifiées, car elles peuvent varier avec le temps ou être mal interprétées.
  • Citations et propos : Toute citation doit être fidèlement retranscrite et attribuée à la bonne personne.
  • Faits historiques ou scientifiques : Assurez-vous que les informations ne sont pas obsolètes ou contredites par des découvertes récentes.

L’une des règles d’or du fact-checking est de remonter à la source primaire de l’information.

Si vous utilisez une information tirée d’un blog ou d’un site non spécialisé, vérifiez toujours s’il cite une étude ou une source officielle dans son article. Il est préférable de se référer directement à la source originelle plutôt qu’à une interprétation de celle-ci.

Par exemple, pour vérifier une statistique économique, il vaut mieux consulter le rapport d’une organisation comme l’INSEE ou l’OCDE plutôt que de se fier à un article de presse.

Ne vous contentez jamais d’une seule source. Croiser plusieurs sources fiables est essentiel pour confirmer la véracité d’une information. Cela réduit considérablement le risque de relayer une erreur ou une manipulation.

Par exemple, si vous traitez de données économiques, comparez les rapports de l’INSEE, Eurostat et d’autres organismes reconnus.

Cette étape est particulièrement importante lorsque l’on rédige sur des sujets sensibles comme la santé, la politique ou l’économie, où les informations peuvent être biaisées.

Avez-vous déjà vérifié la date d’une source avant de l’utiliser ? C’est essentiel pour garantir l’exactitude de votre contenu.

La temporalité des informations est un facteur souvent négligé, à tort. Par exemple, une statistique de 2014 n’est plus forcément d’actualité en 2024. Ainsi, avant de publier une donnée, assurez-vous qu’elle est toujours pertinente et actuelle.

Prenez en compte le contexte avant d’interpréter un chiffre ou une phrase. Combien de rumeurs trouvent leur origine dans une phrase ou un chiffre sortis de leur contexte ?

Interrogez les chiffres et les déclarations sur lesquelles vous vous appuyez avant de les diffuser.

Par exemple, vous risquez de mal interpréter une statistique sur le chiffre d’affaire de la restauration en 2020 si vous ne prenez pas en compte la crise du Covid 19 et les confinements successifs.

Avec l’essor des réseaux sociaux, les images et vidéos jouent un rôle central dans la propagation des informations. Cependant, elles peuvent aussi être manipulées ou sorties de leur contexte. Il faut donc rester prudent et faire les vérifications nécessaires avant de relayer ce type de contenu. Il existe désormais des outils de vérification pour réaliser un fact-checking efficace, même pour les photos et les vidéos.

Gardez une certaine retenue et une certaine distance si vous n’êtes pas sûr des informations que vous publiez.

 Comment nuancer ses propos ?

  • Utiliser le conditionnel : il aurait dit que…
  • Employer la forme impersonnelle : il semble que, il est possible que, il se peut que…
  • Avoir recourt aux adverbes comme : peut-être, probablement…

De même, si vous rapportez les dires d’autrui ou si vous émettez une opinion personnelle, faites-le savoir. Pour cela utilisez des locutions comme : d’après moi, à mon avis, du point de vue de X, selon Y…

Même avec les meilleurs outils, certaines erreurs peuvent compromettre la qualité de votre fact-checking. Voici les erreurs les plus courantes à éviter :

  • Se fier uniquement à des sources non spécialisées. Un blog ou un site non spécialisé peut être une bonne piste, mais ne doit jamais rester la source définitive d’une information.
  • Ne pas vérifier les citations. Même les citations peuvent être sorties de leur contexte ou déformées. Il est essentiel de consulter les discours ou interviews originaux pour s’assurer de leur véracité.
  • Ignorer les dates de publication. Les informations obsolètes peuvent être aussi nuisibles que les fausses informations. Vérifiez toujours la date de publication et la mise à jour des faits.
  • Confondre opinion et fait. Un fait vérifiable est basé sur des données, des preuves, et des sources objectives. Une opinion, même émise par un expert, ne doit pas être présentée comme un fait.

Prenez du recul et restez sur vos gardes. Les cas suivants doivent vous alerter :

  • Une étude introuvable. Si l’article ou le livre que vous lisez cite une étude, que vous ne trouvez pas sur le web, cela doit vous alerter.
  • Des chiffres qui diffèrent beaucoup d’une source à une autre. Les chiffres du chômage en font régulièrement les frais.
  • Des pseudo spécialistes et experts qui sont cités dans un article mais dont vous ne retrouvez aucune trace sur Internet.
  • Un site qui manque de transparence. Un site n’a pas de page « A propos » ou « Qui sommes-nous » donc qui ne dit pas qui il est, c’est louche.

Face à de tels signaux approfondissez vos recherches, nuancez vos propos ou abstenez-vous tout simplement d’utiliser ces informations dans votre contenu.

Créez une checklist dédiée au fact-checking et avant de publier un article, passez la en revue afin de vérifier les points importants :

  • Les chiffres ont-ils été vérifiés ?
  • Les citations sont-elles correctes et attribuées à la bonne personne ?
  • Est-ce que les études citées sont vérifiables ?
  • Les sources sont-elles crédibles et fiables et concordent-elles entre elles ?
  • L’information est-elle à jour ?

Une checklist simple mais systématique peut éviter des erreurs qui peuvent nuire à la qualité de votre contenu et à votre image.

Si vous travaillez en équipe, nommez une personne qui sera responsable de vérifier les faits. Si vous travaillez seul et que vous en avez la possibilité, faites relire votre texte à une personne extérieure, l’idéal serait que cette personne ait des connaissances sur le sujet traité. Un second regard avant publication limitera les erreurs.

Le fact-checking est une pratique journalistique à intégrer à tout travail de rédaction web si vous souhaitez produire des contenus de qualité. En suivant ce guide, vous aurez toutes les clés pour intégrer efficacement la vérification des faits dans votre processus de création de contenu. Le respect des faits est non seulement un impératif éthique, mais c’est aussi un moyen d’améliorer votre référencement. En effet, le fact-checking impacte positivement votre seo.

Que vous travailliez seul ou en équipe, la vérification des faits doit être un réflexe systématique pour chaque rédacteur web seo soucieux de la qualité et de l’impact de ses écrits.

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